Depuis sa naissance, avec le premier RICOH GR1 en argentique (voir mon article sur l’histoire des Ricoh GR), puis sa renaissance numérique (GR DIGITAL, GR III, GR IIIx, GR IV), la série Ricoh GR s’est imposée comme un outil incontournable pour les street photographers (photographes de rue) mais également les amoureux du noir et blanc par une conversion logiciel ou simplement par ses recettes noir et blanc intégrées aux appareils. Son design compact, son objectif 28 mm (équivalent 24×36) et sa réactivité en font un appareil prêt à capturer l’instant décisif.
Mais jusqu’à récemment, Ricoh n’avait jamais proposé de version monochrome, à l’inverse de Leica. La marque à la pastille rouge régnait jusqu’à maintenant comme la reine de la rue en monochrome.
Ricoh GR IV Monochrome : une évolution officielle vers le noir et blanc
En 2025, Ricoh a annoncé le développement d’un GR IV Monochrome, basé sur le GR IV sorti en septembre 2025. Ce modèle, attendu pour février 2026, est le premier compact GR à capteur dédié noir et blanc. je vous conseille ma vidéo de test de cet appareil. En effet, j’avais eu le privilège de recevoir un appareil de pré-série.
Le principe d’un capteur monochrome est assez simple, on retire la matrice colorée (ici la matrice de Bayer) offrant ainsi plus de détails, une meilleure sensibilité et des gradations plus riches. On capture TOUTE la lumière de la scène photographiée sans la filtrer. Le boîtier, comme on le voit dans ma vidéo, reprend l’essentiel du design GR, avec quelques éléments esthétiques spécifiques (logo noir, commandes monochrome), et intègre un filtre rouge intégré pour accentuer les contrastes en noir et blanc. Filtre ayant remplacé le filtre ND. Cet appareil intègre un obturateur électronique montant au 1/16 000 s. Ce modèle est pensé comme un outil dédié aux puristes du noir et blanc, à l’instar des Leica Monochrom, mais dans un format compact beaucoup plus discret.

Avant le GR IV Monochrome : les conversions DIY des Ricoh GRIII/GRIIIx
Avant même qu’un modèle monochrome officiel ne soit annoncé, des passionnés ont exploré des voies radicales pour transformer leur Ricoh GR III / GR IIIx en appareil monochrome . Sur des forums et Reddit, plusieurs photographes racontent comment ils ont fait enlever le filtre de couleur (Bayer) de leur capteur, soit par eux-mêmes, soit — plus fréquemment — en envoyant leur appareil à des spécialistes. Il court même une rumeur, que c’est en voyant ce nombre grandissant de transformations que Ricoh aurait finalement décidé de sortir ce tant attendu Ricoh GR monochrome. Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est ce qui se dit sur de nombreux forums.
Le débayering — transformer un capteur couleur en monochrome
- Le processus consiste à retirer le filtre de couleur qui recouvrent chaque pixel. Sans ce filtre, le capteur ne perçoit plus de couleurs : il enregistre uniquement la luminosité de chaque photosite comme le ferait un capteur monochrome natif.
- Le résultat ? Un appareil qui ne “voit” que le noir et blanc, a une meilleure résolution apparente, moins de bruit à haute sensibilité et une esthétique proche du film argentique.
- Plusieurs photographes ont partagé sur Reddit des retours enthousiastes : le GR III ainsi modifié devient une sorte d’outil minimaliste monochrome, sans distractions de couleur, et qui pousse à composer son image différemment.
Des indépendants qui ont fait le premier pas
Ce sont généralement des amateurs ou des petites ateliers qui ont initié ces conversions bien avant qu’un modèle officiel n’existe. Quelques communautés évoquent des services (parfois nommés en discussions sur forums comme “Monomod” (https://monomod.eu) ou des opérateurs artisanaux) qui offrent ce type de modifications pour les passionnés prêts à dépenser plusieurs centaines d’euros (599 €) pour obtenir un vrai monochrome.


Débayering d’un capteur couleur (ici un K-5II) en monochrome. ©monomod.eu
L’esprit photographique derrière le monochrome GR
Pour beaucoup, la quête d’un Ricoh monochrome — qu’il soit officiel ou transformé — ne se résume pas à supprimer la couleur. C’est une recherche d’essence, de contraste, de texture, de simplification de la lecture visuelle, exactement comme sur les appareils argentiques noir et blanc d’antan.
Ces conversions “indépendantes” témoignent d’un désir profond : faire du noir et blanc non pas un simple effet visuel, mais la substance même de l’image — quelque chose que le nouveau GR IV Monochrome cherche à concrétiser.
Conclusion
Comme je le dis dans ma vidéo, le capteur monochrome permet de gagner en dynamique dans les basses lumières, monter un peu plus dans les hautes sensibilités avec des phénomènes de bruit numérique plus maîtrisés. En revanche, il est difficile de modifier les contrastes comme avec une conversion RVB -> Monochrome. Si vous devez renforcer la végétation (vert), accentuer le ciel (bleu) et renforcer des tuiles (rouge) sur une même photo vous ne pourrez pas le faire avec un capteur monochrome et il sera très difficile (sauf par sélections de zones sous logiciel) de le faire en post-production. En revanche ce sera d’une grande simplicité à partir d’un fichier RVB. Les amoureux du noir et blanc auront donc un GR IV et un GR IV monochrome dans leur besace 🙂
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© Yann MATHIAS